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SPECTACLE VIVANT

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LES 198 OS

(EUX VOUX NOUS)

 - Laboratoire d'expériences de prise de décisions - 

janvier à avril 2019

Interviews et collecte de contrats d'engagement des habitants et passants dans les rues et places publiques du quartier d'Empalot, à Toulouse en début d'année, ce moment crucial des bonnes résolutions.

Réalisation des montages son pour l'installation sonore du laboratoire.

Actrice "guide-laborantin" lors des performances.

Création, mise en scène et scénographie : Hélène Olive, Virginie Baes.

Théâtre documentaire / Installation sonore / travail de territoire / projet contextuel.

50px/représentation.

Article du Clou dans la planche : 

" MAINTENANT OU DEMAIN ?

 

publié le 26/04/2019
(Place André Daste (Empalot)


 

En 2019, c’est décidé ! Les 198 os prennent la bonne résolution de mettre en scène une nouvelle performance collective. Aussitôt dit, aussitôt fait. Objectif : aider leurs concitoyens à tenir leurs propres bonnes résolutions. Résultat : la compagnie aura au moins tenu la sienne ! Volet 2019 de leur projet EuxVousNous, le Coup de Pouce – Laboratoire d’expériences de prise de décision est un projet mené à Empalot en trois étapes.

Made by everybody

Comme à son habitude, la compagnie mène en premier lieu un travail de collecte sur le terrain, annonçant un univers tout en humour décalé et motifs pied-de-coq. En janvier, les habitants rencontrés livrent au bureau Coup de pouce leurs bonnes résolutions et peuvent signer un contrat d’engagement moral. En mars, collecte continue des intentions et des arguments, et un suivi est fait sur les premiers contrats. L’étape finale est une performance collective et participative, qui a lieu sur un week-end d’avril.
Quelque part à la croisée de la performance, du grand jeu de colonie de vacances et d’un forum/salon, l’expérience publique réunit de nombreux barons, habitants du quartier pour la plupart. Ces laborantins accueillent et guident les cobayes/patients/participants que sont le public. L’événement est prévu en plein air, sur la place André Daste, mais le vent aura raison de ce cadre bucolique et rapatrie tout le dispositif à l’intérieur d’un gymnase. Après tout, le cadre n’est pas si vide de sens, l’expérience ressemblant à un coaching pour essayer de suivre ses bonnes résolutions.


Comme point de départ de cette performance, six bonnes résolutions choisies par la compagnie parmi les dix les plus fréquemment énoncées au cours de leur collecte. Six résolutions ni prétentieuses ni creuses. Le portrait multi-facette d’un quartier, mais aussi le portrait dont vous êtes le héros car il revient à chaque spectateur-participant de choisir quatre résolutions parmi les six mises en espace. Après avoir reçu une carte avec leur prénom, la liste des résolutions sélectionnées et un plan du lieu, les spectateurs assistent à un exposé du projet, du laboratoire et du fonctionnement de l’expérience collective. Et puis, c’est parti ! Le déroulé est relativement simple : se présenter au point central, décider pour la première résolution si on veut la faire « maintenant » ou « demain », et aller au stand correspondant.
Finalement, dans cette étape du projet la prise de décision en elle-même ne semble pas explicitement explorée, si ce n’est sa capacité à être catalysée par un facteur urgence : en ayant 20 secondes pour choisir, la décision est forcée d’émerger. Le public répond-il au hasard ? En suivant son inconscient ? En ayant réfléchi au préalable à son rapport à la résolution concernée ? Par attrait pour le stand que l’on voit de loin ? En tout cas, les mécanismes de ce moment de décision ne sont pas développés plus que cela – chacun sera libre d’y repenser plus tard.

La vie dont vous êtes le héros

La majeure partie du temps consiste à vivre les expériences rassemblées et proposées par les « laborantins ». Sous forme de stands scénographiés selon des codes couleur (tout est rouge chez « manger moins de sucre », tout est bleu chez « faire du sport »…) Sur chaque stand, deux côtés : maintenant et demain. Ce principe est intéressant, permettant soit de profiter de ce temps de performance pour avancer dans cette résolution – des cartes postales, une boîte aux lettres, un pigeon voyageur et une zone de téléphone sont à disposition dans l’espace « prendre des nouvelles de mes proches » par exemple – soit de procrastiner sans culpabiliser, en trouvant des astuces pour enclencher un processus, réfléchir à ce qui nous retient de passer à l’action… Au stand « être calme – demain », distribution de galets porte-bonheur à poser chez soi pour y penser ou à utiliser dans certains contextes d’énervement, d’angoisse, tandis qu’au stand « faire du sport – demain », tout est là pour faire une sieste sur place.
La circulation du public est bien organisée, les imprévus gérés, les espaces et expériences variés, plus ou moins sérieux ou ludiques, plus ou moins concrets ou poétiques… Le rôle des laborantins est cependant crucial, étant les médiateurs du public. Certes, quelques consignes/suggestions ne seront pas toujours données parfaitement, incitant plus ou moins le spectateur à s’investir. Mais la présence de ces interlocuteurs-barons, que l’on sait n’être pas plus comédiens que soi, place un cadre complice et décontracté. Chaque spectateur est libre de s’investir plus ou moins, et plus ou moins longtemps pour certaines expériences non chronométrées. Pas de résultat attendu. Pas de scène ni de salle. Le public interagit donc assez naturellement, qu’il soit amusé, légèrement gêné, enthousiaste ou intrigué. Comme si le ton humoristique pris depuis le début avait suffi à mettre tout le monde à l’aise. Comme si on acceptait de jouer le jeu tous ensemble, un jeu encore différent d’un spectacle car si le public ne participe pas, rien ne se passe.
On pourrait regretter l’absence de conclusion collective, mais en même temps cette absence permet que chaque spectateur avance à son propre rythme. Cette fin ouverte fonctionne comme une invitation à repartir chez soi en gardant ce début d’introspection en tâche de fond. L’expérience continue chez chacun, pourvu que cela ait actionné quelque chose en lui. Certains repartent avec une lettre à poster, d’autres avec un galet-calme, d’autres encore avec une indigestion… Certains débriefent tout de même ensemble à la sortie :
« Ah, on peut pas revenir demain ?
– Non, c’était le dernier jour !
– Oh, j’aurais aimé faire le truc de manger moins de sucre… »

LES 198 OS

(EUX VOUX NOUS)

 - Camille & la recherche de l'Homme idéal - 

avril à juin 2017

Création collective.

Réalisation de vidéos pour une installation prévue sous un immeuble en cours de démolition, dans le quartier populaire d'Empalot en renouvellement urbain, lors de la performance issue d'un travail de terrain et rencontre des habitants autour du sujet de l'Homme idéal.

Photographies des personnes filmées et parfois interviewées, pour déco de la performance.

Musique & chant : Marie Sigal

Textes : Domi Giroud

Mise en scène, scénographie : Virginie Baes et Hélène Olive

Installation vidéo et photos: Laure Muller-Feuga

La compagnie Les 198 os s'empare du domaine du quotidien et puise sa matière artistique, textuelle et sonore auprès des populations.

Virginie Baes et Hélène Olive créent à travers les 198 Os un théâtre de conciliation, un théâtre de l'empathie qui tente de représenter le monde tel que nous le voyons, de rendre possible une représentation inédite de la richesse de notre pluralité.

Théâtre documentaire / Installation sonore / travail de territoire / projet contextuel.

Photos making of :

© 2016 par anto.

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